24h de l'INSA 2016

Les 24h de l’INSA 2016

Ces 24h de l’INSA sont pour moi un bon entraînement (objectifs d’endurance 24h : le Castellet à la fin du mois et le Mans fin août). Je n’ai que 10 km à faire pour m’y rendre, donc un déplacement négligeable à gérer. Je rencontre Julien de l’AC Lyon Vaise (club avec lequel j’ai roulé une fois cet hiver, et sûrement mon club pour la saison prochaine) et Aurélien du CR4R qui participent en duo.

À 14h, après un tour d’honneur de près d’un quart d’heure avec les différentes personnalités de Villeubanne (Maire, Élus, etc.) le départ est sur le point d’être lancé. Au vu de mes objectifs et des classements des différentes années, je décide de me placer dans les premières lignes afin de ne pas être très gêné dans les premiers tours. En effet, le parcours est très difficile avec des virages à 90° mais surtout une chaussée détériorée avec de nombreux trous, cailloux et plaques métalliques (égouts, etc.). Très vite un quatuor se forme en tête suivit d’un autre groupe de 4-5 coureurs. Pour ma part, je ne trouve pas de groupe pour le moment… le vent souffle et cela durera pendant toute la course mais ça roule très fort déjà !

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Après 1h30 de course, la pluie fait son apparition, elle est froide et claque bien au contact de la peau. Je m’arrête 5 min pour chausser mes sur-chaussures et enfiler mon K-way puis c’était repartit. J’ai roulé un peu avec « Alberto » (surnom donné puisqu’il portait la tenue Tinkoff et lui ressemblait un peu, d’ailleurs il en était un fan) dossard 128 (solo Kerdraon). Après 30 min la pluie s’arrête enfin, mais le temps reste menaçant. Je suis toujours seul, aucune roue à accrocher jusqu’à la troisième heure de course où j’accroche la roue de Julien (coureur de l’AC Lyon Vaise) dans un groupe de 4 coureurs. Pendant 1h prendre la roue était un soulagement à l’abris de ce vent. Mais ensuite les relais sont passés pour eux, je me retrouve de nouveau seul. Je décide de m’arrêter pour remplir mes bidons et de faire le point au niveau du classement… mais celui-ci n’était pas disponible à ce moment-là.

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Je repars donc jusqu’à 20h sans trouver le moindre groupe si ce n’est la deuxième heure (de 19h à 20h) où je dépasse une cycliste (Solène) d’une équipe de 5 « Le vieux Michel » engagée en catégorie loisir dans l’épreuve du triathlon. Je lui dis donc de prendre ma roue puis à bonne allure est restée dans cette dernière. On a discuté un peu, ça faisait plaisir car cela faisait 5h que je n’avais parlé ou presque à personne. Au fur et à mesure que l’on roulait et dépassait des coureurs, certains s’accrochaient dans nos roues, on était 6 ou 7 sur la fin. Des remerciements au moment de relayer ou s’arrêter à 20h m’ont été donnés, comme quoi c’était agréable de suivre ma roue car aucun à coup brusque ou relance en force ne se faisait, la vitesse était constante quelque soit l’endroit du circuit. Alberto avait intégré le groupe sur la fin, je lui ai même passé un pain au lait jambon/kiri et donné des conseils car il était tout foufou un peu comme moi au Mans l’an dernier. Je décide de m’arrêter pour me réapprovisionner en nourriture et de jeter un œil au classement : 10e avec 171 km.

Je suis dans les temps pour réaliser mon objectif. Je souhaite faire entre 500 et 600 km mais essayer aussi de décrocher un Top 10 qui ferait du bien au mental et chasserait cette mésaventure du Mans la saison dernière où j’avais été déçu de ma performance. Je roule 2h encore une fois seul sans pouvoir prendre une seule roue. Je reçois quelques messages d’encouragement au bord de la piste de certains que j’ai pu croiser sur la route ou au village coureur pendant ma pause de 20h. Cette fois-ci je décide de m’arrêter pour me faire masser et préparer la nuit avec des jambes détendues. Je suis alors 8e au classement 219 km au tier de la course. Vraiment dans les temps !

Je m’arrête quelques minutes toutes les deux heures environ pour dégourdir les jambes mais également croiser du monde parce que je n’arrive pas à trouver un groupe pour prendre des roues, ce n’est pas évident avec le vent qui commence à souffler de plus en plus. Peu avant minuit je suis à 260 km passé et 9e de la catégorie solo. À deux heure du matin, je suis 11e et j’ai parcourus 306 km. Je suis toujours dans les objectifs à la mi-course.

Jusqu’à 5h du matin, tout va bien, aucune fatigue apparente mais le vent se fait vraiment ressentir. Il avait jamais autant soufflé que pendant la nuit. Nous sommes moins nombreux sur le circuit et j’arrive à chopper quelques roues de temps à autre. Je m’arrête 1h pour me faire masser de nouveau, pour prendre un truc chaud à boire, faire le plein pour le petit matin que je redoute. Le levé du soleil c’est le moment le plus difficile quelle que soit la nuit blanche que l’on fait. Je vois que personne ne roule derrière, le classement est figé. Contador prend la 13e place avant d’aller se reposer. Son objectif étant 200 km, il les a déjà atteint !

À 7h du matin je retrouve la cycliste de tout à l’heure, elle essaye de s’accrocher au groupe dans lequel je suis depuis presque 1h mais n’y arrive pas, les effort de la natation et de son relais cycliste prend le dessus sur elle. Notre groupe est composé d’un dizaine de coureur désormais, je m’arrête à 8h en même temps que les passages de relais pour remplir les gourdes et prendre le temps de me dégourdir les jambes. Le visuel du classement n’est pas disponible à cause d’une coupure de courant.

Je repars et quel départ ! Une allure vive, je suis dans le groupe Charvin (leader solo) avec 2/3 coureurs. Je passe en tête et derrière ça colle la roue. Personne ne peut prendre de relais, pendant 1h30 je serais face au vent à tracter tout le monde, nous irons même jusqu’à être une quinzaine avant qu’un autre groupe nous rattrape, je suis à bloc je ne peux accélérer. Ce groupe dit à Charvin de prendre la roue, je saute également dans cette dernière. La vitesse est encore plus rapide que le rythme que j’imposais, je m’arroche et finalement à l’abris du vent je peux me reposer un peu. Pendant 1h l’allure ne faiblit pas et nous seront plus que 5-6 à suivre vers 11h30. Finalement je dois m’arrêter car je n’ai plus d’eau et avec le vent toujours aussi fort, la bouche est très sèche, pas le choix. À ce moment-là je suis 9e et mon Top 10 est assuré. Je peux faire 9 ou 10, les écarts pour être 8e ou 11e sont trop large.

Il reste désormais 3h30 de course, j’ai mal aux genoux et aux ligaments. Le bas du dos commence à tirer, chaque arrêt est un calvaire pour repartir avec les muscles refroidit. Je me bât contre moi-même un truc qui m’était jamais arrivé de la sorte. Je retrouve Alberto qui s’est bien reposé, quelques coureurs que j’ai rencontrés au village coureurs pendant la nuit et j’arrive à chopper un groupe. Ça roule fort, je m’accroche. Je reste en, 2e position du groupe, on me demande de prendre le relais… je ne peux pas faire plus. Finalement le leader du groupe s’en va seul et rejoint un autre groupe. Je rétrograde en 2e position, je profite d’être dans une roue pour me refaire. c’est vraiment dur puis je repars de plus belle avant de m’arrêter sur le bord de la route regonfler mes pneus qui s’étaient ramollis, augmentant le risque de chute. Je croise de nouveau Charvin seul sur la route, je lui dis de prendre ma roue, il peine à la suivre. Je ralentis ma vitesse pour qu’il soit abrité du vent. On roule quelques tours ensemble avant que je m’arrête… J’en profite pour me faire masser une dernière fois pour la dernière heure. Je suis alors 9e avec 1 tout petit tour d’avance sur le 10e il reste 1h30 de course. Rivier (10e) a l’air d’être plus à l’agonie que moi au vu de sa vitesse au tour au ralentit.

Je repars donc 10e avec 4 tours de retard sur Rivier. Charvin s’est arrêté pour se faire masser à ce moment-là. Il reste 1h de course, je donne tout ce que j’ai. Je fais les même temps qu’en début de course, je pédale à la rage, je dépasse les uns après les autres tous les concurrents sur la course, personne ne m’a dépassé dans cette dernière heure. Je suis euphorique, je ne sais pas où est place Rivier ni même qui il est. Les derniers tours sont remplit d’émotion, je cogite sur la course que j’ai fais, la performance que je réalise en si peu de temps d’entraînement, puis une crevaison à 3-4 tours de l’arrivée, merci à Aurélien pour m’avoir prêté une roue pour que je puisse finir dans de belles conditions. J’ai tout de même terminé avec 3 tours d’avances sur Rivier (10e), donc doublé 7 fois en 1h. Sur un parcours de 2,5 km, ça fait tout de même une moyenne de 17,5 km/h de plus sur la dernière heure ! Je termine ces 24h de l’INSA 2016 à la 9e position dans la catégorie Solo (60 participants) avec 551,89 km au compteur. OBJECTIFS RÉUSSIS ! Je prend même le 4e meilleur temps au tour avec 3:50 (bug sur l’image, je n’ai pas roulé à 70 km/h de moyenne) ce qui fait du 39,1 km/h de moyenne sur 1 tour quand même.

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Charvin est venu me remercier pour mon aide en ce dimanche matin, un très beau vainqueur, bravo à lui pour avoir remporté ces 24h de l’INSA 2016 et à ses proches pour l’aide qui lui ont apportés tout au long de cette course (que ce soit sur le circuit ou en dehors). Il était venu la pour la gagne et l’a réalisé avec brio : 706,13 km ! Ensuite c’est Kerdraon « Contador » qui est également venu me remercier pour les astuces reçues ainsi que les roues prises. Il était content car il a réussit à doubler son objectif avec 402 km ! Merci également à Julien, Aurélien et leur entourage pour m’avoir facilité ma logistique, notamment en me permettant de laisser mes affaires dans leur voiture à disposition tout au long des 24h. Ils finissent 4e à 2 tours du podium seulement, dommage ! (Classement par équipe de 2, 3 ou 4). Me concernant je suis content de ma gestion course/repos qui a été presque parfaite. Prochaine échéance dans 15 jours pour les 24h du Castellet…

Félicitations À tous et À l’année prochaine !

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