Les 24h du Mans 2016

Les 24h du Mans 2016

Objectif principal de ma saison, je me suis beaucoup entraîné pour arriver à mon envie de franchir la barre des 700 km en solo. Fini le camping de ma première édition (2015), fini le trop peu de kilomètres avant de prétendre à parcourir pendant 24h cette montée du Dunlop. Je suis prêt, j’ai la tête et les jambes. C’est en retrouvant les « Barons de l’Odon » et « Les Cousins » dans mon box que le weekend commencera bien !

Après une bonne semaine avec de longues nuits de sommeil pour récupérer de mon Tour de l’Ain, mais également pour préparer mon corps à rouler pendant 24 heures, je suis en pleine forme cette année. Sur le premier quart de la course, le vent était omniprésent, avec des rafales à 40 km/h. On l’avait de face pendant les 2/3 circuit et de dos pour la montée de Dunlop. Durant les 3 premières heures de course, je peux coller des groupes. Je décide de m’arrêter toute les 3 heures. Les équipes se font aussi un relais à 18h, les groupes (sauf celui de tête et quelques poursuivants) se cassent et les rythmes changes… Les 3 heures qui suivent je serais en grande partie seul, sans pouvoir trouver un groupe ou sans pouvoir en former un (les coureurs lâchent dans ma roue…). Après 6 heures de course, je totalise déjà 191 kilomètres. Ce sera toujours seul que je roulerais pour les 3 heures suivantes…

Je suis toujours seul et ça commence à m’agacer. Les seuls groupes qui me double sont les groupes de tête et le rythme est trop fort pour moi. J’essaye de dire aux coureurs de prendre ma roue lorsque je les doubles (les solos et duos par exemple) mais personne n’y arrive. Le vent se calme et la nuit commence à tomber. Vers 23h50 un peloton de tête me dépasse et à la relance du coureur qui emmène le groupe, tête baissé, percuta un cycliste seul sur la droite de la route. Le choc est violent mais à priori sans conséquence pour les 4/5 coureurs qui ont chuté à même pas 10 mètres devant moi. Pour ma part, j’ai décalé dans l’herbe pour éviter de tomber et suis revenu sur le bitume avec l’idée de m’arrêter maintenant pour régler mieux ma lumière arrière qui ne se voyait pas si bien que ça selon les dires d’une personne qui m’avait dépassé quelques tours avant. À ce moment-là, après 9 heures de course, mon classement est 14e dans la catégorie solo ou je m’arrête pour la troisième fois. Avec 271,10 km parcourus, je suis à seulement 3 tours du Top 10 !

La nuit est là, et je me sens de mieux en mieux. J’adore rouler la nuit, et mes trajectoires me permettent de n’effectuer aucune relance et aucun freinage… ce n’est pas le cas de tous le monde. De nouveau personne n’arrive à prendre ma roue sur ces deux doubles virages à droite. C’est dommage… mais c’est comme ça. Le vent est quasi nul, je suis dans mon rythme et à la mi-course je devrais être à environ 350 km ce qui correspond à mes objectifs. À ce moment là je me dis qu’au petit matin il faut vraiment que j’arrive à m’intégrer dans un groupe sinon la fin sera compliquée. Seulement voilà…. à 1h du matin, d’un coup, grosse douleur au ventre et une envie d’aller aux toilettes. Je continue tout de même et décide de m’arrêter à 2 heure du matin au lieu des 3 heures de la mi-course puis que je sens que mon coup de pédale se relâche. Je reste au contact du Top 10 (18e à 5 tours) avec avec 313,5 km. Je resterais 1 heure dans les toilettes avant de reprendre le départ, mais complètement patraque !

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Je me dis que tout va se rétablir petit à petit, que c’est à force de boire de l’eau que cela peu arriver. Mais en doublant quelques solos dans le Dunlop qui n’avançaient pas, on a pu échanger quelques mots. Ils se sont aussi arrêter pour ces mêmes raisons, certains sont même aller voir le centre médical ou abandonner. On en a conclus que c’est l’eau du robinet des paddocks qui en était la cause, puisqu’elle était notre facteur commun. J’en ai pris qu’une fois (3 bidons au départ). Raphaël MULLER, un des cousins avec qui j’avais roulé la dernière heure l’année dernière (Dossard 120), m’avais dit de prendre de la Vittel à côté avant de partir, mais je lui avais répondu que ça irait… Je regrette ce moment-là du coup ! J’avance certes à 25 km/h de moyenne environ, mais je comptabilise des tours. Pendant 3 heures je roulerais ainsi et à 6 heure du matin nouvel arrête. Il me reste alors 9 heures de course. Je suis toujours ballonné… C’est très frustrant car malgré le fait que je roule seul depuis quasiment 12 heure, je n’ai pas mal aux jambes. Je suis 22e à ce moment-là et avec 11 tours maintenant de retard sur le Top 10. Beaucoup de solo sont arrêtés, ma tête par contre est hypnotisé par par mes maux de ventre… Je retourne aux toilettes.

Vers 7h, et après 1 heure d’arrêt de nouveau, je me pose la question de savoir si ça vaut bien le coup de continuer dans ces conditions alors que le Top 10 semble s’éloigner, mon objectif de 700 km également ou si je dois quand même aller au bout parce que j’ai les jambes. À 7h30 finalement je rendrais ma puce et mon dossard. Je ne regrette pas, je m’en servirais de leçon : fini l’eau du robinet pour mes courses par exemple, mais je suis déçu quand même. Non pas déçu par rapport à mes performances, mais déçu du déroulement des choses, déçu pour toutes les personnes qui croyaient en moi pour cet objectif. On ne contrôle pas tout et malheureusement sur une endurance 24 heures, il faut que tous les éléments soient en notre faveur pour que la course se déroule du mieux possible. C’est mon premier abandon depuis que je fais des cyclosportives, je n’envisageais jamais ça et c’est un sentiment pas agréable à vivre pour quelqu’un comme moi, pour quelqu’un qui ne lâche rien et qui veut toujours progresser. Je veux rebondir et je rebondirais mais pour le moment mille et une question traversent mon esprit…

La douleur est temporaire, L’abandon dure toujours…

C’est donc en 14 heures 24 minutes 59 secondes et 869 millièmes que j’aurais parcourus la distance de 372,47 kilomètres (55e/72). Je remercie et m’excuse auprès de Stéphane COGNET (entraîneur / diététicien) pour ses entraînements qu’il me fournit jusqu’à présent et qui croyait vraiment en moi pour atteindre cet objectif. Je remercie également Jean-Baptise un ami d’enfance qui m’a prêté son appartement au Mans pour pouvoir dormir dans d’excellentes conditions avant cette course d’endurance, et évidement toutes les personnes qui ont crûs en cet objectif et qui ne cessent de m’encourager dans mon petit monde de cyclisme que je me suis crée. C’était normalement ma dernière course d’endurance 24h dans la catégorie solo, mais peut-être que je reviendrais au Mans l’année prochaine dans une équipe de 6 personnes pour jouer un classement, à suivre…

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