La Serre-Che 2016

La Serre-Che 2016

La Serre-Che est pour moi l’une des courses les plus difficiles sur le papier que j’ai programmé cette saison. Elle intervient à la suite de deux grosses cyclosportives, dans une période où la chaleur est un adversaire très coriace. C’est également une course dans laquelle je vais gravir pour la première fois des cols supérieurs à 2000 mètres d’altitude (le mythique col du Galibier) en fin de parcours qui culmine à 2642 mètres.

Nous sommes 231 engagés dans cette épreuve. Au départ de Saint Chaffrey (1365 m), je me place dans les 100-120 premiers afin de pouvoir partir correctement derrière la voiture de sécurité jusqu’à Briançon aux côtés de Christophe CLEMENTE (du club VC La Pomme Marseille) que j’avais rencontré au restaurant la veille. Je roule dans le peloton de tête avant de me faire distancer de 300 mètres quelques kilomètres après que l’on soit sortie de la ville. J’ai donc attendu le groupe de derrière afin de ne pas me retrouver seul d’entrée et dans lequel se positionnait Christophe. À la base nous devions monter le Montgenèvre (1856 m) ensuite, mais à cause d’un autre événement sportif nous sommes passé par le Col de l’Échelle (1762 m) qui est plus roulant mais enregistrait un détour d’environ 15 km supplémentaire. Au pied de celui-ci nous avons recollé au groupe de tête et c’est un peloton d’environ 150 cyclistes qui allait gravir au train ce petit col, Christophe n’était plus là par contre. C’est en basculant du côté italien seulement que la voiture de tête nous a laissé et que les favoris se sont échappés.

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La descente vers Suse (500 m) se fait à vive allure, avec des pointes à 80 km/h perdant même un de mes bidons lorsque j’ai roulé dans un trou. Mais pas le temps de s’arrêter, je ferais donc les 190 derniers kilomètres qu’avec un seul… En 2h j’étais au pied du Mont-Cenis (2083 m). L’organisation côté italienne était bien plus rodées qu’en France et les villes traversées étaient très festives avec des encouragements à chacun de nos passages de la part des habitants. C’était très sympa de recevoir ce genre de soutien ! À Suse, je rate le ravitaillement et ne possède plus qu’un tier d’eau dans ma gourde… après une 5-6 km je vois une fontaine sur le bord de la route, j’en profite pour faire le plein. La montée sera longue, aucune indication sur les côtés n’est présente. Je suis un peu perdu dans le profil de l’étape que j’avais en tête avec ce détour au départ. Après une longue ligne droite dans laquelle j’ai de nouveau ravitaillé en eau, on aperçoit des lacets qui se présentaient comme un mur devant nous. Le sommet était tout proche. Je me suis fait dépasser par environ 30 coureurs dans l’ascension.

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Une fois au sommet, un décors merveilleux avec le lac, les bords fleuris, les montagnes aux sommets enneigés derrière. Tout simplement magnifique. En 4h nous étions au sommet et c’est au moment de ravitailler que Christophe me rejoins. Rouleur aussi, il a l’air de grimper mieux que moi du coup. Nous sommes dans les temps que nous nous étions fixés et la descente se fera tranquillement pour récupérer de la montée. Nous sommes un groupe de 10-12 personnes dont la moitié au moins du club VC La Pomme Marseille. Le vent est de face, c’est très contraignant dans cette vallée. J’ai du mal a récupérer et au moment où ça commence à aller mieux, l’ensemble des VC La Pomme Marseille s’arrête pour attendre un de leurs amis. On se retrouve à trois, et nous commençons à nous regarder car ça allait être difficile pour nous. Christophe ne prend pas de relais, lui qui est très prudent en descente. Je ne récupère plus, je garde un rythme pour ne pas forcer mais le vent m’oblige pendant mes relais à forcer un peu. Après 15 km un groupe d’environ 20-25 coureurs emmené par le VC La Pomme Marseille nous rattrape. Les sourires reviennent ! Il reste alors environ 30 kilomètres, je resterais dans les roues…

Cette vallée est particulière pour moi puisque j’y est grandit pendant presque 10 ans à mon plus jeune âge, plus exactement dans le village d’Orelle. Au moment d’arriver à Saint-Michel de Maurienne (711 m) et et le pied du col du Télégraphe (1566 m) nous ravitaillons. De la pastèque ! Oui de la pastèque. C’est idiot mais quelques coureurs y compris moi étions ravis de pouvoir s’alimenter avec ce fruit. C’était très rafraîchissant ! Je remplis ma gourde et repars… seulement 300 mètres plus loin je fais demi-tour, la gourde était restée sur la table. À ce moment-là je me dis que je vais finir seul puisque Christophe et les autres avaient continués eux. Je double quelques cyclistes, quelques-uns me dépassent. Jusqu’à là rien d’exceptionnel… ah si… mes pieds me piquent, mes Chaussettes – DeFeet que j’ai reçu dans ma Box Pédaleur de Mai qui me serrent peut-être un peu trop à cause de la taille de mes mollets ainsi qu’avec la chaleur. Je dessert alors mes chaussures et je repars. Je commence à sentir mon 36 dents de plus en plus (comme mon entraîneur Stéphane COGNET me l’avais annoncé lorsque j’ai du changer en « urgence » mon 34… mais cela me servira de leçon et prévoir bien plus avant ce genre de chose pour être sûr d’avoir un 34 dents « en sotck ») et me rend compte de ce que les grimpeurs confirmés peuvent emmener. Heureusement que derrière je suis en 28 et non en 25. Bref, je me gère et m’arrête comme la plupart au Bar prendre un coca-glaçons au sommet du Télégraphe et remplir mon bidon.

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Après être descendu quelques kilomètres sur Valloire (1430 m) et s’être un peu ravitailler, c’est Christophe que je vois arriver. Je me pose alors des questions… « Je t’ai doublé où ? ». Puis finalement il me dit qu’il s’était arrêté au Bar aussi mais à mit plus de temps que moi pour repartir. Je décide de continuer en me disant qu’il va me rattraper assez vite puisqu’il avait mieux grimpé que moi au Mont-Cenis. Je roule en direction du col du Galiblier (2642 m) avec Christine STUBY, une suissesse qui a remporté l’Ardéchoise dans sa catégorie Dame cette année. Je m’arroche dans sa roue puis à 9 km du sommet environ une fontaine, on y plonge tous nos mains (voir la tête pour certain) dedans et remplit nos gourdes par le « robinet » avant de repartir. J’aperçois Christophe un lacet plus bas, je me dis qu’il va me rattraper avant le sommet et c’est alors que je décroche petit à petit Christine, puis je n’aperçois plus Christophe dans les 3 derniers kilomètres. Et là, le dernier kilomètre… un véritable mur devant moi, sans végétation et avec quelques lacets. Les pourcentages sont très forts et la neige est encore présente sur les côtés de la route.

Interminable ce dernier kilomètre, mais une fois au sommet de ce col du Galibier, après quelques petites photos de prises… je m’élance dans la descente finale. Un pur plaisir une fois passé le Lautaret avec une route quasiment droite sans courbe dangereuse et avec un revêtement quasi neuf. Des pointes à 70 km/h puis un long faux-plat descendant vers Saint Chaffrey. Je double 2 personnes et me fait dépasser dans les 2 dernier kilomètre par un coureur du VC La Pomme Marseille. Je termine 135e sur les 231 engagés (et 13e sur l23 de ma catégorie 19-29 ans) ces 220 km et 4400 m de dénivelé (selon mon Garmin 520) en 9h56’57 » soit une moyenne de 21,41 km/h. très satisfait de moi, j’estime avoir quand même perdu 1 bonne heure avec ce plateau de 36 dents ainsi que dans cette vallée de la Maurienne et son vent de face. Je retrouverais Christophe qui accusera un retard de 20 minutes environ sur mon temps, une bien belle connaissance lui et sa famille !

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Je suis également fier d’avoir pu enchaîner ces cyclosportives montagneuses (dont celle-ci avec une succession de deux cols à plus de 2000 m d’altitude alors que je n’avais jamais gravis de col aussi haut auparavant) en étant loin de la voiture balais (l’objectif en début de saison était de terminer dans les délais) et je vais maintenant me concentrer et me préparer correctement pour le Tour de l’Ain auquel je participe en début de mois prochain.

DE BEAUX PAYSAGES DANS DES COLS DIFFICILES !

 

4 commentaires

  1. Super commentaire de la course
    Je me revois encore dans tes roues
    C était une épreuve très difficile mais avec wilfried très motivé on a affronté ces merveilleux col mythique un après l autre avec fierté
    Puis de se retrouver à l arrivée et de partager autour d un bon repas les bons moments de cette journée.
    Sportivement Christophe

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